Mon contrôle académique positif/négatif

Bonjour,

J’ai eu mon 5ème contrôle académique hier, si pour ma fille se fut nickel, hormis quelques points comme résoudre des problèmes, la géographie et l’anglais, elle peut aisément passer un cap au dessus du CM2 et entamer la 6è avec une demande d’autonomie. Autonomie de sa part dont j’aurais besoin pour les prochains mois pour m’occuper encore plus de son frère. Sans compter la question de la diversification de la sociabilisation.

Mon fils c’est une autre histoire, je redoutais l’opposition au contrôle de sa part avec « No, j’ve pâ« , mais vue qu’une inspectrice ASH (spécialisée dans l’accompagnement de la scolarisation dans le cadre des enfants handicapés) était présente, elle m’a chargé sur un point que je n’ai pas réussi à faire cette année : tenir un journal de bord quotidien avec sel-fies et vidéos, dater en expliquant le but de l’exercice. (En gros faire un instagram rien que pour elle).

Tenir un journal de bord c’est bien, mais comment le remplir ? Surtout que j’emploie des termes plutôt généraux que pile poil le jargon de l’éducation nationale, ouille. J’apprends encore sur le handicap de mon fils qui comme vous le savez, tous les autistes ne fonctionnent pas pareils. Donc il lui faut son propre cheminement et moi de m’adapter mais c’est complexe surtout avec le profil aussi atypique de mon fils. Il est tout sauf « moulé » même un peu et il refuse de se « mouler » aux apprentissages académiques. Le refus et le braquage est hyper puissant, même à domicile ou vis à vis des professionnels. Il fait son propre programme ! Combien de fois, je me suis retrouvée devant une page blanche car incapable de savoir avec précision ? Idem pour l’établissement qui l’a considéré comme « non scolarisable même en ULISS ou Ime ». J’ai voulu le faire son bazar mais je ne voyais pas comment ? Là ils ont donné des précisions mais le temps que j’y vois le nouveau fil d’ariane, cela mettra du temps.

J’ai été limite que l’on me reproche de sortir mon fils de l’hôpital de jour mais on oublie le pourquoi je l’ai sorti :

  1. Ce fut en accord avec l’établissement car il n’arrivait pas à le cerner, même dans ses apprentissages « académiques ». J’ai su le jour de sa sortie que l’enseignante spécialisée revenue de son congé maternité, 3 mois plus tôt, n’y arrivait pas. Et moi, je dois faire mieux !
  2. Je suis encore plus en colère aujourd’hui contre cet établissement qui n’a jamais su et voulu accompagner les parents. En gros, on laisse nos enfants avec obligation de fermer les yeux ! Je suis sortie de mes gongs à ce moment-là.

En me voyant me mettre sur le fils de la colère, c’est à ce moment là qu’ils ont reconnu quand même que j’avais besoin d’un accompagnement car c’est de la spécialisation, mon inspecteur particulièrement. Je partais de 0 et mon fils était impossible à évaluer même par des exercices (qu’ils n’ont pas essayé de faire malgré mes pistes et suggestions, ils ont refusé quand ils ont vu qu’il était à canaliser). Et le courage pour nous en tant que parent de choisir l’instruction en famille avec un enfant handicapé (compliment de leurs parts). C’est normal on veut donner une chance d’avenir à nos loulous, là où les autres solutions ont échoué.

Par contre plutôt gonfler de la part de l’inspectrice :

  1. Elle est arrivée en retard de 20 min.
  2. Elle n’avait même pas lu le compte rendu de l’orthophoniste et mon pré-rapport ne lui convenait pas car elle me demande de savoir ses acquisitions comme elle le veut. Soit disant que des parents sortant des enfants de ULISS savent le faire. Je dois lâcher mes manuels pour faire de l’informel. (Super si je lui fais un lapbook + bilan de 100 pages, elle le lira ? Déjà 4 pages, elle ne l’a pas fait par contre mon inspecteur du secteur : oui il a pris la peine de le faire).
  3. Je dois prendre des sel-fies et vidéos (c’est la partie aussi complexe car je n’ai pas en permanence mon portable à proximité et saisir à la voler des occasions, parfois c’est à 20h le soir au moment où l’on veut souffler ou quand on est au petit coin) et puis quand je l’aide. (Je vais transformer ma maison en télé-réalité des apprentissages. Après « Secret story » c’est « IEF secret story » pfff – oui je garde de l’humour)

Ce matin, je suis entrain à moitié de devenir dingue de comment réaliser ses objectifs. J’ai juste envie de tout claquer et de fuir ma situation familiale par moment. J’ai l’impression de devoir trouver une solution à « comment rentrer un carré dans un rond ? ». Cette sensation de devoir lutter contre un tsunami. Je suis déjà épuisée car je l’ai 24h/24, 7j/7 sans vacances, mais là j’ai l’impression que je ne pourrais plus souffler. Étouffer en permanence ! J’évite le burn out mais ils sont tous entrain de m’y mettre ! Je me sens en danger vraiment mentalement. Je veux bien m’investir mais j’ai besoin de souffler. L’inspectrice et moi, on n’est absolument pas sur la même longueur d’onde.

Mon fils a des capacités, mon fils apprend lire, écrire, compter et l’anglais mais quand il s’agit de savoir avec exactitude, là on le perd et on passe dans le doute, le mystère. Je peux passer mes journées à filmer, il ne fait que cela du matin au soir : apprendre selon ses intérêts et il se diversifie au fils du temps. Je souffle quand ? C’est un pur « unschooler » et « apprentissage « auto-géré ». Il est hyper autonome (un peu trop au goût de la pédopsychiatre).

Du coup, pour eux je n’ai pas su démonter qu’il était instruit et en progression, donc ils veulent revenir d’ici juin prochain. Le plus contradictoire, avec recul ce matin, c’est qu’ils reconnaissent qu’il ne peut pas suivre un cycle du socle commun précis pour tous les domaines mais être sur un multi-cycle (1-2) et que tous les domaines ne seront pas possible.

J’ai en plus rendez-vous dans un SESSAD prochainement, seront-ils m’aider ou je serais face à un hôpital de jour bis, avec une bataille pour avoir des infos et kidnapper mon fils en me regardant comme un parent qui n’a pas les compétences pour comprendre (comme si je suis « stupide » et incapable d’apprendre) ? Là aussi il y a des menhirs et des claques qui se perdent.

Bilan :

  1. Je dois apprendre rapidement comment réaliser qui a ce jour, l’impossible ! On m’a donné des pistes comme les évaluations « Epsilon« . Merci les réseaux sociaux et le groupe « Handicap et IEF »
  2. Épuisée, retrouver de l’énergie en un temps records.
  3. Rester positive (après avoir manger du chocolat pour le moral et bu du coca massivement pour l’énergie, tant pis pour mon foie).

Si votre suggestion est, j’ai déjà mes idées :

  1. Je n’ai aucunement envie de la parquer dans un établissement inadapté. Parent, ce n’est pas abandonner ses enfants dans une école et fermer les yeux ensuite. L’école inclusive, ils peuvent toujours courir, je n’y crois pas du tout.
  2. Je suis encore combative pour apprendre et réaliser cette équation insoluble entre le profil atypique de mon fils et ce qu’ils me demandent.
  3. Je n’ai pas non plus envie de me cacher par des attentes en établissement ou autres solutions (style non déclaration).
  4. Le CNED réglementé, certes il peut y avoir accès mais il sera de toute façon inadapté pour lui.
  5. Je vais peut être me tourner 100% Montessori pour la progression mais est-ce que cela conviendra ? Je dois encore retrouver mes esprits après ce coup de massue.
  6. Envoyer un menhir sur mes inspecteurs en contestant ce second contrôle ? Oui cela me dérange et j’en ai rêvé cette nuit… Je vais les assommer autrement …

Conclusion :

Ce qui manque c’est presque une formation tutorat entre enseignant spécialisé même à la retraite et les parents qui s’y lancent avec un enfant handicapé en instruction en famille. On devrait tous avoir une formation gratuite quand on se lance en I.E.F auprès de l’Education Nationale (Je vous l’ai dit, « je pète une case ce matin »). Je suis sûre que cela évitera des couacs à l’avenir. Parce que même si on s’entraide avec les réseaux sociaux, particulièrement avec les groupes facebook où la bienveillance et les encouragements sont là, on avance ensemble (cela fait du bien) « Handicap et IEF » et « IEF : nos choix nos partages », cela reste tout un apprentissage car comme ils l’ont dit, on devient « Parent-instructeur spécialisé » avec un enfant handicapé. Cela prend du temps et beaucoup de temps pour comprendre, apprendre, observer… Les apprentissages de ma fille c’est hyper facile à côté de mon fils ! Là on est un cran largement au-dessus. Ce n’est pas impossible mais encore avoir des solutions et les bonnes pistes + le dico spécial « Education Nationale » (pourquoi pas en cadeau en fin de formation pour tous les parents qui auront suivi la formation). 

Beaucoup de boulot et revoir son programme à l’avenir… si encore mon fils accepte ce que je lui propose. (pfffffffffffff) Ce n’est pas gagné… mais on y crois ! Pas le choix ! Ce second contrôle est plus pour un meilleur accompagnement de mon fils, qu’un second contrôle de jugement. J’ai des pistes et des conseils, mieux expliqué que lors du premier contrôle. J’essaye de rester positive sur l’avenir de mon fils. Je suis une battante, je vais y arriver….

Je remercie @Julie Moisy de « Patatine’s Story » de m’avoir fait cette caricature personnalisée humoristique de mon contrôle mais avant le déroulement.

Merci de votre soutien et de vos encouragements…

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2019 – En route pour le secondaire.

Coucou,

Meilleurs vœux pour cette année.

Des news ? Lundi prochain, nous avons notre contrôle académique, à domicile pour les deux.

Que de surprises m’attendent ! Je m’en doutais un peu en commençant cette 5ème année IEF.

Miss fait de la résistance dans son instruction au quotidien, cela devient pénible autant pour moi que pour elle. La réinscrire au collège ? Non. Qu’est-ce qui me motive ? Les témoignages des parents autant par mail (et merci de vos messages positifs pour le blog) que sur les réseaux sociaux m’ont convaincu que je devais tenir. Elle en faisait le moins possible, cherchant à fuir les matières fondamentales, même le planning hebdomadaire était vierge de croix (sa trame pour suivre au quotidien sur une semaine ce qu’elle a à faire et ce qui lui reste à faire). Toujours des pauses à rallonge ! Elle vient d’avoir 10 ans et toujours avec un bon caractère. La motivation en berne et voilà durant les vacances des fêtes de fin d’année, on discute :

« Maman, le CM2, cela m’ennuie. (soupir). C’est facile ! »

Et je comprends puisqu’elle a acquis les notions au 3/4 dans les domaines fondamentaux.

« Ok pour la 6è mais en transition. Et on verra selon comment tu avances ? 5è en septembre prochain ???! »

Je réfléchissais à la faire sauter cette 6è pour la passer en 5è direct mais pas avant septembre prochain. Après renseignements sur le contenu de la 6è et en discutant avec des enseignants, niveau collège, que je croise lors des loisirs ou sur les réseaux sociaux. Tous sont unanimes : le programme est répétita du CM2. C’est pour cela que j’envisageais de la faire passer en 5è dès septembre prochain mais cela engage aussi son avenir. C’est bien, elle avance à son rythme et plus vite que prévu, mais en retour je ne dois pas oublier que cela va avoir pour conséquence de creuser un grand écart entre ses connaissances et son âge. La possibilité de retourner dans un établissement qui acceptera ce grand écart, va se compliquer. Déjà le public on oublie, ils tiennent trop en compte le mois de naissance et l’année. J’ai déjà essuyé des refus, rien que pour son entrée en maternelle puis avec le CNED quand j’ai voulu démarrer l’IEF avec un CP à 5 ans et demi. Ce qui dérangeait ? Elle est de décembre ! pfff

Le privé sous contrat ? Ouaip, je doute. Ecole hors contrat ? Il y en a pas dans mon secteur et c’est onéreux. Il me reste l’IEF jusqu’au bac ! Cela tombe bien j’en ai un second, là qui va prendre le même chemin.

Le hic c’est que je suis à quelques jours du contrôle académique, que la suggestion fut posée de clôturer le cycle 3 et finalement je fais une 6e de transition pour la remotiver et la passer en 5e en septembre prochain. Je n’ai que quelques jours pour m’approprier les livres, manuels etc… Cela va être sympa l’entretien lundi, je sens. On va encore se marrer… Et merci les filles sur les réseaux sociaux de m’avoir aidé à acquérir les livres des profs et corrections car ils ne sont accessibles que sur un compte enseignant. Car les maisons d’éditeurs (les plus grosses), ne réservent ces livres qu’aux enseignants mais vous achetez un livre d’exercices et vous ne pouvez pas accéder aux corrections, ni à la leçon. Bravo ! Vous comprenez ils ne portent aucun jugement sur l’instruction en famille mais par contre ils mettent en avant le métier d’enseignants. Du coup, soit vous arrivez à négocier et rappeler que l’instruction en famille et le droit d’accès à l’éducation ainsi qu’à la formation continue est un droit fondamental en France ou vous faites appel au réseau B et de soutien précieux. (Merci aux personnes qui m’ont aidé à acquérir les livres de corrections et de profs dont j’avais besoin et constituer une liste. Vive la solidarité en IEF). 

Vous me direz j’aurais pu opter pour des cours en ligne ou à distance ? Mais vu le prix. Je préfère les manuels, c’est moins onéreux et mieux pour le budget. Pour le prix d’une mensualité, c’est mon budget livres et manuels.

Mon fils : Lui avance et progresse à son rythme. Parfois à un rythme d’escargot puis d’un seul coup « lumière », il passe un cap. Il est un peu unschooler dans l’âme. Comme il est autiste, il faut un cadre au minimum. Il veut toujours suivre selon ce qu’il le motive (les animaux). Parfois il s’ouvre sur les sciences, l’histoire (attention il reste sur les dinosaures, on n’a pas quitté la préhistoire). Très difficile de lui imposer autre chose. Rien que le mot « apprentissage » le fait fuir. C’est dû à son handicap aussi. J’appréhende un peu pour lui, le contrôle de lundi prochain, surtout au niveau des exercices. J’ai bien peur qu’il soit dans le refus ou totalement dans sa bulle ou mieux en crise autistique. Il travaille peu par jour (25 min de formel) et le reste un peu sur tablette par des applis ludiques (temps que je surveille).

Il a beaucoup progressé sur la communication, la lecture, il n’est pas lecteur pour l’instant. En maths aussi il sait compter, lire les chiffres etc… Par contre il a besoin d’un accompagnement constant, même en écriture, là il a beaucoup de mal.

Conclusion : une année directe dans le secondaire pour la miss et nous verrons pour notre fils. Et oui je vais être encore là pour plusieurs années.

*IEF : Instruction en famille

« Les petites victoires » de Yvon Roy

 

Coucou,

J’ai découvert un album super génial pour les parents qui ont un enfant avec autisme. Il n’est pas une référence mais une lecture reposante (je ne m’attarde pas sur les polémiques sur la sortie du livre en film qui pourra être un super film).

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